La succession ininterrompue de « coups judiciaires » devenus des coups médiatiques visant à incurver la tendance politique, électorale, démocratique, « interpelle ».

Le caractère systématique de ces coups paraît un peu bizarre, pour employer un euphémisme.

Coup d’Etat institutionnel : l’expression est-elle trop forte ?

On avait eu droit durant les primaires de la droite, au rappel des affaires judiciaires intéressant jadis Alain Juppé, puis celles frappant Nicolas Sarkozy.

Telles les orgues de Staline, le rappel de l’une succédait à l’autre pour mieux créditer la précédente.

Tout le monde l’a déjà oublié, mais le caractère systématique semblait calqué sur le calendrier électoral des primaires.

Les deux hommes qu’on donnait en tête du scrutin des primaires,  Sarkozy et Juppé, avaient alors été éliminés lors de ce scrutin des primaires.

Bizarre, étrange…

Je ne crois pas trop au hasard en politique, même si notre Hexagone offre de ces bizarreries qui éloignent chaque jour davantage notre pays de la logique.

Descartes est bien mort.

François Fillon, après d’autres, mais parce que choisi, légitimé par le vote des primaires, devenait dès le soir de sa victoire aux primaires l’homme à abattre.

Alors, le bouc émissaire a eu droit à la panoplie réservé hier à Sarkozy.

Les Français ont pu découvrir ce que le Paris politique recèle depuis des lustres, qui est parfaitement connu du tout Paris médiatique politique et judiciaire, ces petits arrangements parlementaires dont on nous dira un jour qu’ils ne concernent pas un seul, mais bien davantage, parce que les poissons ne peuvent survivre sans l’eau du bocal, même s’ils n’en apprécient pas la qualité.

Mais le plus important ne se trouve ni au Luxembourg ni au Palais Bourbon, et demeure caché.

Lorsqu’on sait ce qui s’est passé dans le monde judiciaire depuis 2012, date de l’élection hollandaise, on comprend que plus que jamais, la machine judiciaire participe de l’appareil d’Etat.

A défaut d’avoir inversé la courbe du chômage, on a aiguisé la courbe de la faux judiciaire.

En France, faudra t-il le répéter, la Justice n’a jamais été indépendante, le parquet en étant l’illustration ostensible.

Le Code de procédure pénale dispose que le procureur est un préposé du ministre.

Un préposé, en français, c’est un commis.

Le parquet national financier n’est pas une instance élue, démocratiquement légitime, et ses membres ne sont pas des angelots descendus d’un paradis inaccessible au débat.

Disons-le tout net : ceux qui participent aux opérations qui se mènent doivent s’en tenir responsables.

Le maître n’est pas moins, mais pas forcément plus responsable que le préposé, le commis ou l’esclave zélé.

Faut-il ici égrener la liste des noms et des cursus conformes de nos nouveaux adeptes du pilori ?

Faut-il relever la sévérité, la célérité, l’absence totale de recul -la saisine du PNF le lendemain non pas d’une enquête, mais d’un article d’un journal… satirique- de ce à quoi nous avons assisté et assistons depuis un mois ?

Telles les orgues de Staline, les rafales d’articles confortent la version officielle.

Mais il existe une vérité, et celle-ci est infiniment moins univoque.

Qui est le directeur des affaires criminelles, successeur de… Philippe Courroye à Nanterre ? Qui sont ceux qui au PNF et à l’instruction, à la tête de la principale juridiction parisienne, jouent les d’Aguesseau quand nous n’apercevons que des Fouquier-Tinville ?

Ceux-là, des donneurs de leçon ?

Descartes est bien mort. Dans le pays de Tartuffe.