Le nouveau livre de l’ancien juge Jean-Philippe de Garate

Préface de Roland Dumas

Jean-Philippe de Garate, avocat durant une décennie, magistrat durant vingt ans, juge des enfants à Cambrai, président de correctionnelle à Meaux,  juge spécialisé à Nanterre, a connu une descente aux enfers…Une chute qui l’a précipité de l’autre côté du prétoire. Aujourd’hui libéré de son devoir de réserve, il nous livre sa vérité sur un monde judiciaire au bord de l’asphyxie.

Lucide, Jean-Philippe de Garate ne sort pour autant pas indemne de ces épreuves. Mais il livre avec précision son « Manuel de survie en milieu judiciaire » sous la forme d’un abécédaire accessible pour l’ensemble des justiciables. Ouvrage sans concessions sur la réalité d’un milieu judiciaire opaque, tenu en mains par le pouvoir politique et son système d’usages et de codes…secrets.

Pour Jean-Philippe de Garate : « La vérité n’intéresse pas le monde judiciaire. Ce qu’il lui faut, c’est une version officielle à l’apparence crédible. Il convient de s’y tenir, et faire front. C’est tout. »

Cet abécédaire que l’on parcourt avec facilité constitue en réalité un recueil de bons conseils, anecdotes éclairantes et vérités utiles, écrit à l’intention de celles et ceux qui vont avoir à faire avec la justice, ou qui sont plongés dans un procès, ceux qui en sortent et veulent comprendre ce qui leur est arrivé, enfin ceux qui s’en remettent. Ou pas. Comment survivre à un procès, interrogatoire, divorce, avec des trucs pratiques, des conseils auxquels on ne pense pas. Juste un exemple : comment parler… et pourquoi se taire.

Le système judiciaire peut changer, à une condition : l’impulsion doit venir des Français, pas de soi-disant élites.

Au-delà de cet ouvrage détonnant, Jean-Philippe de Garate, animateur d’un groupe de travail sur la justice au sein du parti « Les Républicains », est à l’origine d’une proposition de refonte entraînant l’abolition du système judiciaire actuel. Il dénonce, avec le recul de l’expérience et une vision éclairée, humaine, constructive, les lourds dysfonctionnements qui pourrissent l’appareil judiciaire français.

Avec d’autres, il milite pour une réappropriation de la Justice d’Etat par les citoyens, avec l’élection des juges au suffrage universel direct. Pas vraiment une invention ! La Première République l’avait connue, Gambetta l’avait prônée…Il souhaite aussi l’instauration d’une information des justiciables plus transparente, systématique, directe, notamment grâce aux outils numériques.

Pour désencombrer une machine archaïque à bout de souffle, l’ancien juge prône également une dé-judiciarisation massive, large, intéressant tous les contentieux. Ainsi, tout ce qui peut être négocié ou payé le serait avant procédure. Ainsi du contentieux routier, par exemple.
En finir avec les « réformes » qui ne touchent que le détail !

Les élections présidentielles constituent cette période privilégiée pour promouvoir cette refonte jamais tentée depuis un siècle, en réalité clef de voûte d’un Etat démocratique jusqu’alors confisqué.

Quelques mesures simples pourraient être mises en place sans délai :

  • Généraliser les procédures d’ajournement : les condamnés disposent d’un certain temps pour réparer le dommage que leur infraction a causé. Passé ce délai, la peine tombe. Sans sursis.
  • Les juges élus peuvent ne pas être réélus. On appelle ça la démocratie, ou la Justice.
  • Les accusateurs actuels, aux ordres du ministre, surnommés « parquetiers », n’ont pas l’indépendance du magistrat. Ils doivent rejoindre le ministère de l’Intérieur.
  • Les surveillants pénitentiaires rêvent depuis 1911 de rejoindre eux aussi le ministère de l’Intérieur. Que le rêve devienne réalité ! Et les magistrats, eux, inspecteront les prisons, en toute indépendance.
  • Les victimes, petit détail, auront toujours le droit d’être assises devant un tribunal…etc.

www.editionsfortuna.net